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Attirante Australie

 Par Nick Hamilton

En matière de pinard, l’Australie occupe le 6e rang au Québec (6 % du marché), loin derrière la France (31 %) et l’Italie (23 %). Curieusement, les vins australiens performent très bien dans les autres provinces canadiennes. Tout récemment, le directeur de la mise en marché des vins australiens au Canada, Geoff McFadzen, est venu discuter du sujet avec la presse spécialisée québécoise. 

L’Australie est réputée pour ses crus riches, intenses et savoureux.  Ce magnifique pays viticole bénéficie d’un climat particulièrement chaud qui permet de produire des vins aux saveurs fruitées et mûres; des vins peu acides, rarement amers qui plaisent généralement d’emblée. Au cours des dix dernières années et au fil de nombreux cours et dégustations que j’ai animés, les commentaires favorables de plusieurs oenophiles débutants m’ont convaincu : les vins australiens aux saveurs mûres sont fort charmeurs. Mais comment explique-t-on leur piètre performance au Québec?

 Le Québec est un marché plutôt traditionnel et conservateur. La plupart de ses intervenants (journalistes, sommeliers et acheteurs à la SAQ) demeurent fidèles à leur éducation.  Primo, durant une longue période (de 1975 à 1992), l’acheteur principal et conseiller à la SAQ était d’origine européenne. Idem de 2001 à 2009. Sans nécessairement favoriser les pays de la vieille Europe, le processus de sélection de produits de notre société d’État demeure conservateur et innove rarement. La SAQ continue d’offrir aux Québécois ce qu’ils connaissent. Pour preuve, dans les années 1990, les vins français et italiens représentent tout près de 80 % des ventes au Québec. Ce n’est que dans les années 2000 qu’un changement plus convaincant s’opère. Suite aux piètres performances des vins français et l’ascension de plusieurs pays du « Nouveau Monde » sur de nombreux marchées établis et traditionnels, la SAQ réagit de façon concrète. Suivant le courant, la SAQ s’intéresse plus sérieusement aux produits de la Nouvelle-Zélande, de l’Argentine, de l’Australie et de l’Afrique du Sud. Aujourd’hui ces pinards modernes ont ravi quelques parts de marché tout en réduisant la domination des crus français et italiens (54 %). 

Secundo, pendant trois décennies (1980, 1990 et 2000), la sommellerie québécoise était  l’affaire de profs français. La France dominera le contenu des cours et le style français deviendra la référence en matière de goût. Quant aux journalistes, faute d’une piètre sélection de vins du « Nouveau Monde », ils ont fait leurs classes vitivinicoles avec les produits disponibles sur notre marché, c’est-à-dire principalement ceux de la vieille Europe (France et Italie en tête). Ces trois groupes influents ont soutenu un style de pinards plutôt légers, nés de climats frais, souvent issus de raisins en sous-maturité et aux saveurs davantage acides et amères. Ce style demeure la référence au Québec, puisque la relève journalistique et sommelière continue de favoriser et de répandre le style délicat européen, au détriment des vins ensoleillés des nouveaux pays.

Il semblerait qu’au Québec, le consommateur n’a pas toujours l’heure juste quant aux pinards provenant de pays comme l’Australie. Rarement suggérés, très discrets sur les cartes de restaurants, ils méritent d’être découverts, car ils charment plus souvent qu’autrement. De nombreuses régions ensoleillées (australiennes et autres)  produisent aujourd’hui de magnifiques crus équilibrés qui  peuvent séduire bon nombre d’amateurs.

Il est temps que certains professionnels québécois du vin descendent dans la rue déguster avec de simples consommateurs.

Voici quelques crus australiens…dégustés en présence de consommateurs qui ont beaucoup apprécié :

Un blanc :
89 Riesling 2007, Eden Valley, Rolf Binder 21,95 $ 11155753
Un bel exemple de riesling australien. Son nez typique de produits pétroliers est rehaussé de notes florales et de pêches. Un vin équilibré, doté d’une tendre acidité, d’un brin de sucre résiduel et d’une belle allonge. Un excellent riesling de facture moderne pour l’apéro et les canapés de poissons et de fruits de mer.    

Et trois rouges :
90 Cabernet Sauvignon Premium Selection 2006
South Australia, Wolf Blass 25,95 $ 10944224

Voici un excellent cabernet qui vous en donne pour votre argent. Robe profonde, nez de fruits noirs mûrs, rehaussé d’un boisé bien dosé. Tout à fait séduisante, la bouche suit avec une matière riche et ample et des tannins veloutés. Un pinard ample, persistant et sans exagération qui vous en met plein la gueule. Un compagnon idéal pour le gigot d’agneau.

88 Pinot Noir Gulf Station 2008 Yarra Valley, De Bortoli, 24,65 $ 11181978
Son nez typique et charmeur à la fois offre des arômes de framboises et d’épices, de même qu’un effluve de cuir. Souple, coulant et de bonne intensité, voici un beau pinot  fin et délicat, rond et velouté. Un vin australien charmeur pour accompagner les suprêmes de volaille au vinaigre de framboises. Servir frais : 14-15°C.

L’aubaine de la semaine :
86 Cabernet Merlot Stamp of Australia 2008
South Eastern Australia, Hardy’s 12,85 $ 10754578

Ce rouge plutôt facile à boire a particulièrement charmé les membres de ma famille (maman en tête). Tout à fait représentatif des produits de tous les jours élaborés en Australie, il offre un très bon rapport qualité-prix. Les grillades de porc et de veau, de même que le saumon ou le thon grillé feront l’affaire.

 

Autres suggestions

Barème de notation 

95-100 Exceptionnel
90-94 Excellent
85-89 Très bon
80-84 Bon
75-79 Acceptable
70-74 Bof

Vin rouge  Vin blanc  Vin rosé  Mousseux/Champagne

 
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