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Chroniques

Bye-bye Bordeaux,
bonjour le Rhône !

 Par Nick Hamilton
Un sondage publié récemment dans le magazine américain Wine Spectator demandait : «Quel est le principal problème du vin français, aujourd’hui?» À cette question, rien de moins que 51 % des gens ont répondu : «Le prix.» À qui la faute pour cette image défavorable du vin français ? Aux régions de Bordeaux et de Bourgogne.

Dans les années 1980, le principal coupable a été la Bourgogne, qui a atteint des prix record avec le millésime 1988. Bordeaux a pris le relais dans la décennie suivante, établissant de nouveaux sommets avec les millésimes 1995, 1996, 1997 (ce dernier de qualité pourtant moyenne) et 2000. Aujourd’hui offerts à des prix ridiculement élevés, ces vins français de haute volée sont tout à fait hors de portée du consommateur moyen. Seuls les plus riches peuvent s’offrir les «crus classés» de Bordeaux ou les «grands crus» de Bourgogne. Alors vers où l’amateur de vin français peut-il se tourner pour obtenir des vins de haute qualité à des prix abordables? La vallée du Rhône, voilà la solution. Même si les meilleurs vins de cette région (les côte-rôtie, hermitage, condrieu et certains châteauneufs-du-pape) commandent désormais eux aussi un déboursé considérable, la vallée offre plusieurs excellents vins à des prix abordables.

 

L’appellation côtes-du-rhône-villages mène le bal avec des vins dotés de caractère et d’un bon potentiel, à des prix variant entre 15 $ et 25 $ la bouteille. Comment résister à un tel rapport qualité-prix? Et le plus beau, c’est qu’on n’a pas à s’en faire avec la disponibilité, puisque cette dernière appellation produit plus de 330 000 hectolitres de vin chaque année. Les côtes-du-rhône-villages, qui portent le nom de l’une ou l’autre des seize meilleures communes, peuvent souvent impressionner (les bonnes années) par leur concentration et leur accessibilité - même en jeunesse. Ho! bien sûr, ils ne vieillissent peut-être pas aussi bien que ces bordeaux à 500 $ la bouteille, mais au moins, vous ne devez pas attendre dix ans avant d’en profiter.

Terroir de Châteauneuf-du-Pape

 

Les appellations de saint-joseph, crozes-hermitage et cornas produisent des rouges merveilleusement bien structurés à partir du cépage syrah. Tandis que les vins à base de grenache élaborés à Gigondas, Vacqueyras et Châteauneuf-du-Pape sont souvent de superbes rouges dotés d’un très bon potentiel de garde (7 à 10 ans).

Le fait est que les côtes-du-rhône-villages offrent plus de qualité, plus de plaisir et une meilleure valeur que les vins issus des appellations bordelaises et bourguignonnes de base. Autrement dit, si vous prévoyez dépenser entre 15 $ et 25 $ pour une bouteille de vin français, vous devriez investir dans une appellation rhodanienne. Je vous garantis que vous allez en avoir plus pour votre argent!

Plusieurs consommateurs l’ont d’ailleurs réalisé récemment. À preuve, les ventes de vins du Rhône ont doublé au Canada depuis 1998; et cette tendance ne montre aucun signe d’essoufflement avec une augmentation de 62% de 2000 à 2001. Si bien que le Canada est devenu le sixième plus important client à l’exportation pour la vallée du Rhône. Or grâce à cette insatiable curiosité dont font preuve les consommateurs d’ici, cette part de marché ne devrait pas cesser d’augmenter.
Merci à la vallée du Rhône de nous permettre de boire du bon vin français sans faire à chaque fois un trou dans notre budget. Bye-bye Bordeaux, bonjour le Rhône !

 


Vue de la vallée du Rhône du haut de l'Hermitage.

 

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