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devons dire merci aux pays vinicoles du Nouveau Monde pour avoir
poussé leurs homologues européens à se surpasser. Grâce au
dynamisme de contrées comme la Californie, l'Australie et
l'Afrique du Sud, les vieux pays telles la France et l'Italie ont
en effet revu et amélioré leurs méthodes, et déjà l'Espagne
et le Portugal leur emboîtent le pas. Les
années soixante-dix auront donné naissance à quantité de vins
légers et inintéressants, avec peu ou pas de potentiel de
vieillissement. Puis, dans les années quatre-vingts, les
États-Unis - le Golden State en tête - ont produit des vins
concentrés, corsés et aptes à un réel mûrissement. Dans les
années quatre-vingt dix, ce fut au tour de l'Australie, avec son
incroyable quête de qualité, à s'imposer sur une multitude de
marchés. Produisant en abondance des vins supérieurs vendus à
prix raisonnable, l'Australie aura conquis les consommateurs dans
pratiquement toutes les catégories de prix.
Qu'en est-il de l'Amérique du
Sud ? Impossible d'oublier le Chili ! Voilà une quinzaine
d'années de cela, ce pays débarquait chez nous avec des vins
aussi bon marché que goûteux et généreux. Pour le consommateur
moyen habitué à choisir des crus français et italiens, les
rouges chiliens ont constitué toute une surprise. Autant de
saveurs à si petit prix, on pouvait parler d'une véritable
révolution de palais ! Aujourd'hui, le Chili a rejoint le sommet
de la pyramide. On y élabore certains des plus grands vins de la
planète, à l'instar de la Californie, de l'Australie, de la
France et de l'Italie. Hélas, l'addition a suivi... Plusieurs
excellents rouges chiliens commandent de nos jours des prix
incroyables, parfois aussi élevés que ceux exigés ailleurs par
l'élite mondiale et notamment européenne.
Vers où se tourner, alors, pour
obtenir quantité de bons vins à des prix raisonnables ? Vers
l'Amérique du Sud encore une fois, nommément l'Argentine et
l'Uruguay. L'Argentine jouit d'une bonne réputation, ses prix ne
sont pas encore stratosphériques et elle produit beaucoup de vin
- on parle même ici du cinquième plus gros producteur en volume
au monde. L'Uruguay ne saurait prétendre à un tel rang, bien
entendu; par contre, les vignerons ont là-bas aussi commencé à
se distinguer. Les rendements ont été réduits et l'avenir
s'annonce prometteur.
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